Les Chroniques d’Alain : « Une histoire de merde… »


Alain Djouad Guibert est coach en hygiène de vie, athlète et créateur de l’éco-lieu touristique Le Khaïma Hotel situé au sud du Maroc.  Il enseigne à ses patients les clés d’une santé naturelle en proposant une consommation responsable, respectueuse du vivant et de l’environnement.

 

Alain Djouad Guibert

Alain Djouad Guibert, coach santé, athlète et créateur du Khaïma Bio Hotel

« Une odeur pestilentielle traverse ma chambre. J’habite sous une Khaïma, comprenez tente traditionnelle en arabe. Cette odeur, je la connais bien…C’est l’odeur d’un tas de merde! Des fientes de poulets de batteries qui poussent en 40 jours avant de finir dans votre assiette… Des oiseaux gavés aux farines de poissons, aux hormones et aux antibiotiques. Mais à quoi peut bien servir cette merde de volailles issue des camps de la mort? Je l’ai appris récemment. Elle sert à nourrir les troupeaux de moutons quand il n’y a plus d’herbes dans les pâturages et ce, neuf mois sur douze. 

Mangeons de la viande!

Il y a quelques jours, je suis dans mon jardin et mon chien se dirige agacé tout droit vers la clôture. Une femme. Et son troupeau de moutons. Elle est dans un arbre, un mimosa. Elle casse les jeunes pousses et les jette à ses bêtes. Je l’interpelle:

– « Pourquoi abîmer ces arbres plantés par les anciens du village?

– Les bêtes n’ont plus rien à manger!

– Achète donc du fourrage!

– On n’a pas le sou!

– Alors vends quelques bêtes! »

Silence. Fin de l’échange. Il y avait une forêt en face de chez moi. Aujourd’hui, plus rien exceptés quelques troncs d’arbres morts. Restent seulement les bêtes, le tas de merde… Et cette odeur insoutenable!

Mangeons de la viande!

La viande du village est devenue en l’espace de quelques années de la viande issue de l’élevage intensif, gavée de merde de poulets, d’hormones et d’antibiotiques comme dans la majorité des pays du monde. Qui l’eut cru?  Rien qu’en France, 99% de la viande consommée est industrielle. Dans cette course effrénée au pognons,  l’homme n’a plus peur de rien. Dès le printemps, les bergers sillonnent la campagne à la recherche de jachères de compostières. On y trouve des restes de légumes infestés, des pieds de tomates chimiques. Les troupeaux passent leurs journées à manger tous ces restes souillés d’une agriculture intensive dévastatrice avant de rentrer au bercail s’empiffrer d’excréments…

Mangeons de la viande!

Chez mon voisin, c’est la valse des camions de fientes au quotidien. Un camion arrive, livre des tonnes de merde de poulets de batteries et repart avec de la merde de mouton qui finira elle dans les champs. Un jour, j’en ai parlé avec lui. Sa première réponse fut sans appel:

– « Tout le monde fait ça!

-Et tu trouves ça normal?

– Non!

-Mais alors pourquoi tu le fais?

-c’est moins cher que le fourrage » !

Fin de la conversation.

Mangeons de la viande! 

Récapitulons! Le poulet de batterie mange des farines de poisson. Le mouton mange la merde du poulet et les restes de légumes chimiques dans les champs dédiés à l’agriculture intensive. La merde du mouton servira aux champs comme engrais. L’homme mangera la viande de mouton. La merde de l’homme retourne à la terre et à l’eau qui arrose les cultures chimiques.

Une odeur pestilentielle traverse ma chambre. Ce soir, la Terre est exsangue. Les lobbys ont gagné… »

Découvrir l’interview d’Alain Djouad Guibert 


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