Photo David du blog le Déconsommateur

Déconsommateur : notre rencontre inspirante avec David !


David, auteur du blog Déconsommateur, a eu ce courage que beaucoup cherchent encore : celui de changer de vie afin de partir à la découverte de ses envies profondes. Rencontre avec une personnalité inspirante qui souhaite nous rendre déconsommateur.

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Le recours au minimaliste et à la volonté d’autonomie est un phénomène encore émergent. Peux-tu nous partager quand cette prise de conscience est arrivée dans ta vie ?

Je dirais que c’est venu très progressivement, cette envie d’être déconsommateur. Pendant une bonne dizaine d’années, l’idéal de la simplicité volontaire a tourné en « tâche de fond » dans ma tête. J’avais envie de quitter la ville et de vivre avec très peu d’argent, en harmonie avec la nature. Mais c’était une sorte de rêve, quelque chose que j’avais beaucoup de mal à envisager sérieusement.

Puis, les années passant, mes désaccords avec les pratiques de la société de consommation et du monde du travail sont allés croissants. J’allais de boulot en boulot, jamais satisfait. Pour compenser ce mal-être, j’avais des habitudes de vie assez malsaines. J’ai traversé des épisodes dépressifs : je perdais goût à la vie et je voyais mal comment m’en sortir.

Au bout d’un temps je me suis demandé : pourquoi continuer dans ces jobs qui ne me plaisent pas, pourquoi vivre dans une cage à lapin au milieu d’un grand centre urbain, pourquoi endurer toutes ces choses que je désapprouve au plus profond de moi ?

Alors ce qui n’était qu’un rêve un peu vague a commencé à prendre corps… Au point où j’en étais, qu’avais-je à perdre à partir à la campagne, vivre simplement, diminuer mes revenus et mes dépenses, pour tenter de vivre mieux ? Coup de chance, ma compagne ressentait à peu près la même chose !

À partir de là, nous avons entamé les démarches vers notre nouvelle vie de déconsommateur. Voilà, il n’y a pas eu de déclic unique, mais un lent cheminement.

Tu as décidé de partir vivre en Corrèze avec ta compagne pour trouver un nouvel équilibre de « déconsommateur ». A quoi ressemble ta vie aujourd’hui et comment ce choix a-t-il été accueilli par ton entourage ?

Aujourd’hui, déjà, je me sens mieux ! La vie n’est pas parfaite, bien sûr : il y a les petites difficultés du quotidien, les défis à relever. Mais je me sens beaucoup plus en accord avec mes convictions profondes, beaucoup plus épanoui aussi.

Concrètement, nous sommes en chemin vers notre idéal de vie de déconsommateur, même si on a encore énormément de progrès à faire !

Nous mangeons bio depuis plus d’un an, nous faisons du sport, de la randonnée. Puis comme tu l’as dit, nous avons déménagé en Corrèze il y a quelques mois. Je me suis mis au potager, on essaie de fabriquer plutôt que d’acheter. Aussi, on fait des produits ménagers, des aliments (pain, lait végétal, confitures), etc. On a beaucoup diminué nos déchets… et nos dépenses aussi ! C’est ça, être déconsommateur.

Par contre, nous sommes encore très loin de l’autonomie totale ! D’ailleurs, ce n’est pas notre but, on vise plutôt une vie plus responsable, frugale et résiliente. Essayer de faire au maximum les choses nous-même, de consommer à l’extérieur le moins possible et trouver localement ce qui nous manque.

C’est faisable aussi parce qu’on bosse tous les deux à la maison. Passer du salariat à l’entrepreneuriat a été un autre grand facteur de changement. Loin de la vision classique des chefs d’entreprise, nous faisons plutôt le choix de travailler modérément. Cela nous permet d’en tirer un petit revenu, suffisant pour notre mode de vie de déconsommateur !

Et pour la façon dont tout cela est perçu par notre entourage… je dirais que la plupart de nos proches nous comprennent et nous soutiennent !

Beaucoup de gens peuvent avoir des résistances à changer de vie (contraintes familiales, professionnelles etc…). Pourrais-tu nous partager les premiers gestes simples à mettre en place pour tendre vers la décroissance.

Le plus simple à mon avis, c’est de commencer par les produits ménagers. Utiliser des ingrédients basiques et naturels pour nettoyer sa maison : vinaigre, citron, bicarbonate de soude, savon de Marseille ou savon noir… Cela demande peu d’engagement et d’investissement, mais c’est un premier pas, toujours gratifiant !

Ensuite, je conseillerais de modifier ce que l’on mange : passer au bio et au local, fruits et légumes de saison ; pourquoi pas s’inscrire à une AMAP… Éliminer peu à peu les plats tout-faits et diminuer les portions de viande hebdomadaires – ce qui va permettre au passage de compenser le surcoût du bio. Ce changement-là est un plus gros morceau… Mais il est vraiment bénéfique pour la santé !

Viennent ensuite la diminution des achats inutiles, la réduction des déchets, les économies d’eau et d’énergie… Et enfin les plus grands pas : déménager si besoin, se mettre à la permaculture, produire sa propre énergie, trouver un boulot éthique et épanouissant, etc.

Et bien sûr, à un moment ou à un autre, il va falloir se débarrasser des addictions, si on en a. Alcool, cigarette, jeux d’argent, hardcore gaming, drogues en tout genre. Ces habitudes nous pompent la cervelle et nous enchaînent à la société de consommation.

Mais j’insiste bien sur le fait qu’il s’agit là de mon appréciation personnelle de déconsommateur. À chacun d’adapter les démarches à sa situation. Dans l’ensemble, je dirais qu’il faut commencer par ce qui vous semble le plus urgent et le plus facile. Dans mon cas, le plus urgent a été de quitter mon job et le plus facile, de manger bio.

Je te laisse la parole sur cette dernière question : un coup de gueule, un coup de cœur, une information en lien avec notre sujet que tu aurais envie de nous partager ?

Je vais en profiter pour m’adresser aux gens qui sont dans la même situation que moi il y a quelques années. Si vous traversez cette phase de grand mal-être, d’insatisfaction et/ou de désaccord profond avec la société actuelle, ne perdez pas espoir. Même si c’est difficile à croire pour vous en ce moment, vous finirez par vous sortir de cet état dépressif.

Il y a plusieurs chemins qui mènent en dehors de la tourmente, chacun doit trouver le sien. Mais je pense qu’il y a quelques bons repères ; je vais citer les trois qui me paraissent essentiels :

  1. Prenez soin de vos proches, ne vous en détournez pas, au contraire même. L’isolement est mauvais quand on est mal dans sa peau.
  2. Changez d’échelle. L’état du monde vous attriste peut-être. La société vous semble cruelle et injuste. Vous ne comprenez pas comment on a pu en arriver là… Mais vous n’avez quasiment aucun pouvoir là-dessus ! Décrochez un peu des infos et concentrez-vous sur ce que vous pouvez changer : vous-même, votre entourage, votre environnement proche. Vivez à votre échelle, faites votre part… Si vous en ressentez le besoin, rejoignez un collectif pour faire bouger les choses de manière plus globale, mais pour le reste, acceptez le monde tel qu’il est.
  3. Demandez-vous en quoi vous croyez, quels sont vos idéaux, vos convictions… Faites en sorte que vos projets personnels s’accordent avec vos valeurs. C’est un excellent point de départ et un bon repère pour cheminer vers une vie plus authentique et plus enrichissante… en un mot, plus heureuse.

Envie d’aller plus loin ? 


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