Alternatiba

Alternatiba : changeons de voie ensemble !


Parce que le mouvement Alternatiba n’a pas attendu la Cop 21 pour nous sensibiliser au défi climatique, rencontre avec Fanny Delahalle, militante passionnée qui nous partage ses espoirs et ses convictions.

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Fanny Delahalle, militante Alternatiba

En deux années d’existence, le mouvement Alternatiba en a fait du chemin pour sensibiliser les citoyens au défi climatique à travers la France. Pouvez-­vous nous évoquer concrètement les origines et les enjeux de ce mouvement ?

Alternatiba est un mouvement datant 2013 au pays basque. Les militants de l’association écologiste locale Bizi ! ont eu l’idée de mobiliser autrement sur la question du climat. 

Ainsi, ils souhaitent mettre en valeur les alternatives et solutions aux changements climatiques. Ils ont donc, en octobre 2013, organisé un événement. Il s’agissait d’un village des alternatives, dans les rues du centre­-ville de Bayonne. On trouvait alors des espaces thématiques (habitat, énergie, éducation, alimentation,finances, etc) qui présentaient des solutions concrètes.

Par exemple, les banques éthiques comme la NEF, les AMAP pour se nourrir localement, Enercoop qui est fournisseur d’électricité provenant à 100% d’énergies renouvelables, les monnaies locales, comment faire son compost, etc.

Cet événement a eu lieu dans la joie et la bonne humeur avec des concerts, des artistes de rue, des marchés paysans, des conférences.

Changer le système, pas le climat, signifie aussi créer une société du bien-vivre. Plus de 12 000 personnes étaient présentes au rendez­-vous et un appel a été lancé pour que les Alternatibas se multiplient en France, en Europe et dans le Monde.

En 2014, on compte une dizaine d’Alternatibas en France notamment à Bordeaux, Nantes, Lille. Et en 2015, ce sont presque une centaine d’Alternatibas que l’on dénombre.

Grâce à vous, la lutte en faveur de l’écologie délaisse les discours culpabilisants au profit d’une prévention plus festive. Pouvez­-vous nous détailler les actions concrètes que mène Alternatiba dont vous faites partie ?

L’idée d’Alternatiba n’est pas de créer les solutions et les alternatives. En effet, il s’agit plutôt de mettre en valeur toutes celles qui existent déjà. Car cette société plus juste, solidaire et humaine, a déjà tous les outils pour voir le jour. Il ne tient donc qu’à nous de nous en emparer. 

Le travail des militants d’Alternatiba va donc consister à mettre en lien tous ces porteurs de solutions. Cela signifie également d’activer le tissu associatif, militant, citoyen afin qu’il travaille ensemble pour créer un village des alternatives.

Parfois ceux que nous contactons n’ont pas forcément conscience d’avoir un impact positif sur le climat. Un club de couture, par exemple, va recycler les vêtements et les réparer. Cela représente donc autant de produits neufs qui ne seront pas produits ni achetés. 

Par ailleurs, les liens ne se défont pas une fois l’événement passé et c’est bien là tout l’enjeu d’Alternatiba. En effet, nous n’attendons pas que la solution nous vienne d’en haut.

Organiser un Alternatiba fait partie en soi du processus de transition : se structurer, s’organiser, être rigoureux dans notre méthode, être dans le concret de l’organisation d’un événement. Cela va aussi permettre d’attirer des personnes qui n’ont pas l’habitude de militer. On peut alors élargir le cercle des militants aguerris de départ et donc de mobiliser plus largement.

La Conférence Climat (COP 21) se tiendra à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015. Qu’attendez-­vous de ce sommet international ? 

Nous savons que cette COP est un peu celle de la dernière chance. De nombreux scientifiques s’accordent pour dire qu’il ne nous reste que 10 ans pour sauver le climat et ne pas dépasser les 2 degrés d’augmentation de température.

Donc si un accord se prend cette année, avec l’inertie et le temps de mettre les choses en place, on est tout juste dans les temps. Si on attend la prochaine tentative d’accord dans 5 ans, les deux degrés seront forcément dépassés. 

Nous savons aussi qu’en l’état actuel des négociations, l’accord ne permet pas de limiter le réchauffement à 2 degrés. Les négociateurs se réunissent régulièrement pour préparer l’accord, les engagements d’une partie des pays ont été annoncés. Cette situation nous permet d’estimer un réchauffement à +4 à +5 degrés, ce qui correspond à une vraie catastrophe pour l’humanité. 

Nous voulons donc profiter de ce rendez­-vous international pour créer une mobilisation de masse, montrer que les citoyens mettent en place une nouvelle société. 

Le message que nous leur délivrerons est « la transition est en route, nous citoyens de tous les territoires l’avons enclenchée alors qu’attendez­-vous pour faire de même ? »

Le mouvement Alternatiba a­-t-­il un rôle de groupe de pression sur les décideurs ou alors d’organisateurs de l’engagement citoyen (qu’importe les décisions publiques) ?

Notre volonté est de déclencher l’engagement citoyen. Il s’agit alors de montrer à toutes et tous que les enjeux climatiques sont à la fois l’affaire de chacun. En effet, nous sommes tous concernés et ce dès aujourd’hui.

Cet engagement, s’il se fait de façon massive, construit la société de demain et fait par conséquent pression sur les décideurs politiques. Alternatiba agit ainsi sur ces deux leviers puisqu’ils sont indispensables pour gagner la bataille climatique d’aujourd’hui.

Chaque décideur que nous rencontrons, notamment sur le Tour Alternatiba est interpellé par les militants d’Alternatiba. Un Tour Alternatiba correspond à un Tour de France et d’Europe de 187 étapes sur 5 600 km. Il se fait avec des tandems 3 et 4 places de juin à septembre 2015. On leur propose notamment de signer le pacte pour la transition énergétique. Avec ce pacte, ils peuvent donc choisir de mettre en place des mesures concrètes dans leur commune ou communauté d’agglomération. Le message est clair : « Ensemble, citoyens et décideurs, relevons le défi climatique ! »

Envie d’aller plus loin ?

 


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